Siège de la Bastille - 1789

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In ex.: DEDIE AUX ELECTEURS DE 1789 PAR PALLOY PATRIOTE LORS DE LA RENDITI.ON DE SON CMPTE A LA NATION.

Medallion uniface

Hennin 26, Julius 17

Mm. 80 - Lead
Engraver: Moisson
 

Hennin - N° 26 - Pl. 4 - 14 Juilliet 1789 - Cliché

Siège de la Bastille. Dédié aux électeurs de 1789, par Palloy. R/ Sans revers

CE PLOMP SCELLAIT LES ANNEAUX QUI ENCHAINOIENT LES VICTIMES DU DESPOTISME. RETRACE LEPOQUE DE LA LIBERTE CONQUISE L'AN PREMIER. (sic). Intérieurement à cette légende, en haut: SIEGE DE LA BASTILLE. Une foule de citoyens armés, parmi lesquels on voit des soldats de Gardes-Françaises, assiègent la Bastille; les chaînes du pont-levis ont été rompues, et l'on pénètre dans la forteresse. Exergue: DEDIE AUX ELECTEURS DE 1789 PAR PALLOY PATRIOTE LORS DE LA RENDITI.ON (reddition) DE SON CMPTE (compte) A LA NATION.

Sans revers. Un papier collé de ce côté, soit sur la pièce, soit sur le cadre qui la renferme ordinairement, porte l'inscription suivante, imprimée, dans le champ, sous un fleuron. OFFERT au nom de la reconnoissance, du patriotisme et de la fraternité à M .....................Electeur de 1789, par le Patriote PALLOY, enregistré par nous Secrétaire perpétuel de MM. les Electeurs, le 28 Janvier 1792, l'An 4e de la Liberté.
...... Sig. ........Liesse et Palloy patriote.
(La place laissée en blanc ci-dessus servait à y inscrire le nom de l'électeur à qui la médaille était destinée) [82 m.] Étain.

..Voyez l'article de la médaille N°. 22.
.. Deux jours après la prise de la Bastille, l'Assemblée des Electeurs de Paris ordonna que ce château fort fût démoli par tous les districts de Paris, sous l'inspection du district de Saint-Louis-de-la-Culture. Cet ordre fut aussitôt proclamé par les trompettes de la ville dans tous les carrefours de Paris, au nom de M. de la Fayette, commandant-géneral de la Garde Nationale.
..M. Pierre-François Palloy, né à Paris le 23 janvier 1755, et qui s'occupait alors d'entreprises de bâtiments, fut chargé de la démolition de la Bastille, et il dirigea avec zèle cette vaste entreprise. En détruisant cette prison d'Etat, il conçut l'idée de faire, avec les pierres et métaux provenant de ses débris, des modèles de cet édifice, des inscriptions relatives aux circonstances, et d'autres petits monuments ; il fit hommage de ces divers objets aux corps constitués de Paris et de tous les départemens, aux societés populaires et à quelques personnages distingués. Il eut aussi l'idée de faire frapper des médailles avec le plomb, le fer et le cuivre provenant des débris de cette prison d'Etat.
...La démolition de la Bastille était une entreprise fort importante en elle-même à cause de la masse que présentait cet édifice ; mais c'était aussi alors une opération d'intérêt politique dans le commencemens d'une semblable révolution, dont le premier événement avait été la prise de cette antique forteresse par le peuple. Aussi, les patriotes s'empressèrent-ils de donner beaucoup d'éclat à tout ce qui rapportait à son renversement. L'Assemblée Nationale décréta le 4 octobre 1790 que les frais faits pour la démolition de la Bastille seraient à la charge de la nation. D'une autre coté, de nombreaux obstacles de diverses natures, et tels qu'ils ne pouvaient manquer de naître dans de semblables circonstances, entravèrent souvent ces traveaux. Chargé de la direction de cette entreprise, M.P.-F. Palloy triompha de tous les obstacles, et la dernière pierre des derniers fondemens de la Bastille fut présentée à l'Assemblée Nationale le 6 février 1790 par les volontaires de la Bastille.
...Depuis le 14 juillet 1789, et pendant les traveaux de la démolition de la Bastille, le patriote Palloy, c'est le nom qu'il avait adopté, s'empressa de prendre part à toutes les fêtes qui eurent lieu, et d'y paraître pour rappeler les souvenirs auxquels se liaient les travaux qu'il faisait exècuter. A la cérémonie de la translation des restes de Voltaire au Panthéon, le 11 juillet 1791, on le vit suivi de ses ouvriers portant des cuirasses, des chaînes et des boulets trouvés à la Bastille. Il envoya dans tous les départemens des hommes de son choix chargés de présenter aux autorités des modèles de la Bastille, qui furent partout reçus avec solennité. Ces envoyés furent nommés les apôtres de P.-F. Palloy.
Parvenu au terme de ses traveaux, M. P.-F. Palloy en rendit les comptes à la Commune de Paris ; et non content de les avoir présentés par écrit, il désira le faire publiquement et de vive voix à la Maison commune en présence des magistrats et du peuple. Ce vu fut rejeté, parce qu'il n'avait pas eu de maniement de fonds. Mais pour suivre au moins en partie l'idée qu'il avait conçue, il voulut rendre publiquement ses comptes au club électoral et des électeurs de 1789. Il se présenta donc d'abord à l'Assemblée Nationale, le 11 mars 1792 ; il y annonça la reddition publique de son compte qui devait avoir lieu le jour suivant, parla de ses travaux, présenta ceux qu'il nommait ses apôtres, et déposa ses projets pour la place de la Bastille, ainsi que des médailles pour les députés et pour les huissiers de l'Assemblée. On trouvera de plus grands détails à cet égard à la date du 11 mars 1792.
...Le lendemain, 12 mars 1792, M. P.-F. Palloy fut admis au club électoral et des électeurs de 1789, et y fit lecture de l'exposè de ses comptes, qui furent aussitôt déposés sur le bureau. Il fut nommé des commissaires par qui ces comptes furent approuvés (*).
...M. P.-F. Palloy avait offert à
chacun des électeurs de 1789, à l'occasion de la reddition de ses comptes, une médaille en plomb provenant des débris de la Bastille, et représentant la prise de cette forteresse.
...On
verra, à la date du 11 mars 1792, que l'Assemblée Nationale décréta en faveur de M. P.-F. Palloy, à titre de récompense nationale, le don d'une portion des terrains qui formaient l'emplacement de la Bastille.
...Le 10 août 1792, le patriote Palloy fut chargé par l'Assemblée Nationale de prendre les mesures nécessaires pour arrêter l'incendie des bâtimens adjacens au château des Tuileries. Peu après, il se rendit à l'armée, y parvint au grade de colonel, et revint ensuite à Paris. Il avait offert au corps municipal de Paris une pierre de la Bastille, sur laquelle était gravée la déclaration des droits de l'homme. Dans la séance du 13 nîvose an 2 (2 janvier 1794), après un rapport à cet égard fait par la commission de révision du compte de la Bastille, le corps municipal rejeta cette offre. Peu de jours après, M. P.-F. Palloy fut arrêté. Sa fille réclama en vain au conseil-général de la Commune, le 26 nivôse an 2 (15 janvier 1794) ; admise à la Convention Nationale le Ier. pluviôse an 2 (20 janvier 1794), elle fut plus heureuse ; le 25 ventôse an 2 (15 mars 1794), après un rapport qui contient des faits interessans sur la démolition de la Bastille, la Convention Nationale décréta que P.-F. Palloy serait mis en liberté, que réserve lui était accordée contre les auteurs de son arrestation illégale pardevant les tribunaux civils, et qu'il pourrait poursuivre ses dénonciateurs.
...Ces courtes notions historiques auraient pu être beaucoup plus étendues à cause du rôle que M. P.-F. Palloy a joué dans les premières années de la révolution; mais elles son suffisantes d'après le plan de cet ouvrage. L'objet principal était de faire connaître quelles furent les idées de M. P.-F. Palloy dans l'exécution de monumens et médailles qu'il fit faire avec les débris de la prison d'Etat qu'il était chargé d'abattre. Quelques particularités qui se rapportent aux monumens créés par M. P.-F. Palloy peuvent aussi trouver place à la fin de cet exposé.
...Les débris de la Bastille furent recherchés à cette époque dans toute l'Europe, et même au-delà. M. de la Fayette envoya la principale clef de cette prison d'Etat au général Washington, qui la plaça dans son habitation à Mont-Vernon, où elle est encore. Le 2 septembre 1790, M. P.-F. Palloy offrit à l'Assemblée Nationale un modèle de la Bastille construit avec une pierre provenant de ses démolitions. Le Ier. janvier 1791, les vainqueurs de la Bastille présentèrent pour étrennes au Dauphin un domino fait de pierre et de marbre de cette prison d'Etat. Sur le couvercle étaient gravés des vers dont voici le sens : Des pierres de ces murailles, qui renfermaient d'innocentes victimes du pouvoir arbitraire, ont été transformées en jouet pour vous être offert, monseigneur, comme un hommage de l'amour du peuple, et pour vous apprendre quelle est sa puissance (**). M. P.-F. Palloy présenta à l'Assemblée Nationale, le 6 octobre 1791, les bustes de J.-J. Rousseau et de Mirabeau, sculptés en relief sur des pierres de la Bastille, et il fut décrété le lendemain que ces bustes seraient placés dans la salle des séances. Ces particularités pourraient être multipliées, mais celle-ci suffisent pour faire connaître l'intérêt qu'inspiraient les travaux de M. P.-F. Palloy.
...La médaille décrite dans cet article étant la première de celles de M. P.-F. Palloy qui se présente dans l'ordre chronologique, tous ces détails devaient y être rapportés. Les particularités qui ont trait à chacune des autres pièces se trouveront aux articles relatifs.
...Cette médaille est, comme on le voit, celle que M. P.-F. Palloy distribua aux électeurs de Paris de 1789 à l'occasion de la reddition de son compte. Le sujet de la prise de la Bastille qu'elle représente st une copie de la pièce gravée pour le même événement par B. Andrieu, décrite N°. 22, avec quelques légères différences et d'autres inscriptions. Elle fut faite par un graveur nommé Moisson, qui voulut s'attribuer le mérite de la composition de cette pièce. Mais il est bien positif que la priorité en appartenait à B. Andrieu, dont la médaille parut la première, et que Moisson ne fit que le copier. On frappa huit cents épreuves de cette pièce, dont cinq cents furent distribuées aux électeurs de 1789.
...Cette pièce est classée au 14 juillet 1789, parce qu'elle représente la prise de la Bastille, quoiqu'elle n'ait été faite et distribuée aux électeurs que vers le commencement de 1792.


(*) Exposition des faits relatifs à la démolition de la Bastille, par Palloy, le 12 mars 1792, au club électoral, en prèsence de députations de l'Assemblée Nationale, des corps constitués, tant civils que militaires, des sociétés populaires et des électeurs de 1789, en rendant son compte au peuple, et demandant, avec instance, que le rapport en fût fait pour sa tranquillité, et repousser la malveillance. Brochure in-4°. de 24 pages.

(**) Mémoires de madame Campan, t 2 p. 127.